Les cafards sont des animaux nocturnes. Quand vous en croisez un en plein jour sur le carrelage de la cuisine, ce n'est pas un explorateur isolé : c'est qu'il a été chassé du nid par la concurrence. La population est devenue trop dense, les cachettes habituelles débordent, et les plus faibles se retrouvent à découvert. Le ratio communément admis chez les techniciens du secteur, c'est : pour un cafard visible, comptez entre 50 et 200 individus cachés à proximité.
Le second indice, plus discret mais plus fiable, ce sont les déjections : de minuscules grains noirs de la taille d'une tête d'épingle, qu'on retrouve dans les tiroirs à couverts, le long des plinthes de cuisine, derrière les emballages dans le placard du bas. Plus l'infestation est avancée, plus on en trouve, et plus elles sont regroupées près des sources d'eau (sous l'évier, derrière le lave-vaisselle).
Le troisième indice, c'est l'odeur. Caractéristique, persistante, qu'on décrit souvent comme une "odeur de moisi sucré" ou de "vieux papier humide". Elle apparaît dans les infestations sévères (plusieurs centaines d'individus) et imprègne les placards, les tiroirs, parfois même les vêtements rangés dans les zones touchées. C'est une phéromone d'agrégation que sécrètent les cafards pour signaler aux autres "il y a à manger ici, c'est sûr". Quand on la sent au nez humain, c'est qu'elle est très concentrée.
Pourquoi ils se cachent là où on ne va jamais
Les blattes germaniques aiment trois choses : la chaleur (entre 25 et 33 °C, exactement ce qu'on trouve derrière un frigo ou un lave-vaisselle), l'humidité (sous évier, joints de plomberie, machine à laver), et l'obscurité. Elles s'installent dans les jonctions, les vides techniques, les angles morts. Une cuisine peut héberger une colonie complète sans qu'aucun cafard ne soit jamais visible pendant la journée.